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Les Carnets du sous-sol


D’après Fiodor Dostoïevski
Adaptation et mise en scène de Benoît Verhaert

Spectacle proposé à l’abonnement

Du 14 mai 2019 au 29 mai 2019

Salon de Théâtre, Tourcoing [F]

• lundi, mercredi et jeudi à 19h30
• mardi et vendredi à 20h30
• samedi à 17h00
• relâche les dimanches

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Production : Le Théâtre de la Chute (Bruxelles)
Avec : Benoît Verhaert, Céline Peret
Création lumières : Matthieu Kaempfer
Création sonore : Samuel Seynave
Durée du spectacle : 1h20 sans entracte
Chaque jeudi, rencontre avec l’équipe artistique à la fin de la représentation


Vidéo

Phototèque


Benoît Verhaert, comédien et metteur en scène incontournable de la scène théâtrale belge, signe l’adaptation d’une nouvelle méconnue de Dostoïevski qu’André Gide considérait pourtant comme la clé de voûte de l’œuvre de l’écrivain russe. Accompagné sur scène par Céline Peret, Benoît Verhaert déploie une énergie étourdissante dans l’interprétation juste et saisissante d’un personnage rageur, tourmenté et bourré de contradictions. Un spectacle intimiste, invitant les spectateurs à observer de très près l’étrange personnage de Dostoïevski dans le lieu retiré où il a choisi de se vivre. Dans une scénographie qui réservera aux habitués de Salon de Théâtre - et aux autres - une énorme surprise.

Souffrant d’une misanthropie pathologique, un homme s’est retiré du monde. Depuis vingt ans dans sa cave, cet homme-rat ressasse sans cesse le souvenir des échecs de sa vie…

« Je suis un homme malade… Je suis un homme méchant. Un homme repoussant, voilà ce que je suis. Je crois que j’ai quelque chose au foie. De toute façon, ma maladie, je n’y comprends rien, j’ignore au juste ce qui me fait mal. Je ne me soigne pas, je ne me suis jamais soigné, même si je respecte la médecine et les docteurs. En plus, je suis superstitieux comme ce n’est pas permis ; enfin, assez pour respecter la médecine. Je suis suffisamment instruit pour ne pas être superstitieux, mais je suis superstitieux. Oui, c’est par méchanceté que je ne me soigne pas. Ça, Messieurs, je parie que c’est une chose que vous ne comprenez pas. Moi, si ! Évidemment, je ne saurais vous expliquer à qui je fais une crasse quand j’obéis à ma méchanceté de cette façon-là ; je sais parfaitement que ce ne sont pas les docteurs que j’emmerde en refusant de me soigner ; je suis le mieux placé pour savoir que ça ne peut faire du tort qu’à moi seul et à personne d’autre. Et, malgré tout, si je ne me soigne pas, c’est par méchanceté. J’ai mal au foie. Tant mieux, qu’il me fasse encore plus mal !.. »

Spécialement conçu pour La Virgule, le décor surprenant des Carnets du sous-sol, plongera littéralement les spectateurs dans l’antre de ce fonctionnaire démissionnaire qui rumine les échecs de sa vie. Reclus, l’homme tempête contre ses congénères, contre les supérieurs et les anciens camarades qui se plaisaient à l’humilier, mais il blâme surtout sa propre lâcheté qui l’empêcha de leur répondre. Il est hanté par le souvenir de Liza, une femme qu’il a essayé d’aimer, une prostituée qu’il a tenté de faire changer de vie… Son spleen se mue souvent en un torrent de haine. Prisonnier de ses obsessions, l’homme se complait entre le lit où il se morfond, le bureau où il déverse sur papier le spleen qui lui détruit le foie, et le tapis de course qui lui sert de défouloir. Ce personnage excessif, tout en contradictions, offre à Benoît Verhaert la partition d’un rôle entre performance physique et intériorisation de maux inextricables. Face à lui, Céline Peret par sa beauté froide et diaphane, sa voix délicate, offre un beau contraste avec la véhémence de ce fauve.



La presse en parle

La rencontre entre les deux comédiens - leurs contrastes, la froideur de l’une, la douleur colérique de l’autre, - dégage une force réelle, une bouffée d’air dans cette atmosphère oppressante qui ne laisse pas indifférent. Une occasion intime et intéressante de se frotter à nouveau à l’œuvre de l’immense Dostoïevski.
La Libre Belgique

On a dit de cette nouvelle de Dostoïevski qu’elle était le « laboratoire » des grands romans de la maturité. Et, en effet, à travers ce portrait d’un écrivain tourmenté, on lit déjà en filigrane les obsessions de l’auteur, coulées dans une forme originale et une écriture puissante. Merci à Benoît Verhaert et ses complices de nous en transmettre la force et la modernité
RTBF