NEWSLETTER

Un Incident


Texte et mise en scène de Vincent Farasse

Du 30 novembre 2017 au 16 décembre 2017

Salon de Théâtre, Tourcoing [F]

• mardi et vendredi à 20h30
• mercredi et jeudi à 19h30
• samedi à 17h00
• relâche les lundis et les dimanches
Complet : les 30 novembre, 07, 08 et 14 décembre

Réserver / s'abonner

 

Production : Compagnie AZDAK
Avec le soutien de : la Drac Hauts-de-France, le Préau - CDN de Vire, La Virgule, Centre Transfrontalier de Création Théâtrale Mouscron-Tourcoing
Avec : Ève Gollac, Redjep Mitrovitsa
Lumières : Nathalie Perrier
Diffusion / presse : Fouad Bousba
Durée du spectacle : Environ 1h20 sans entracte
Ce texte est publié aux éditions Actes sud-Papiers
Chaque jeudi, rencontre avec l’équipe artistique à la fin de la représentation


La Virgule et Vincent Farasse poursuivent leur compagnonnage soutenu par le Ministère de la Culture - DRAC Hauts-de-France. Après Mon oncle est reporter et Métropole qui donnaient à voir le monde urbain contemporain à travers le prisme de la sphère privée, le jeune auteur et metteur en scène lillois s’intéresse, avec cette nouvelle création, à la vie au sein même d’une entreprise.
Un homme est assis seul sur un banc, il se confie sur son expérience de vingt-cinq ans dans une société de plusieurs dizaines de milliers d’employés, au service maintenance. Il s’extasie sur l’importance que lui accordent ses supérieurs, eux qui le surveillent et l’évaluent presque quotidiennement... À ce premier monologue répond celui d’une femme, une collègue, qui témoigne, elle, d’un incident qui survint ce jour-là...
Une écriture singulière, un spectacle entre comédie et thriller en prise avec les questions des temps modernes.



Note d’intention par Vincent Farasse

« Depuis trente ans, le travail ne cesse de se transformer, et l’on exige des gens qu’ils s’adaptent à ces transformations.
Composé de deux monologues, ce spectacle nous parle, avec un humour grinçant, d’un homme de cinquante-cinq ans pris dans ces mutations, et d’une jeune femme qui n’a connu qu’un monde où il n’y aura plus de travail pour tout le monde.
Deux monologues, deux générations, deux voix qui, d’un point de vue différent, d’une génération différente, parlent d’un même monde du travail, cruel et cynique, et d’un même incident. Ces deux voix se répondent, s’opposent, se mettent en perspective, et parlent d’un moment de fracture. Ce moment où une chose se brise est aussi celui où un autre chemin s’ouvre et des possibles s’inventent.
 »



Vincent Farasse

Il se forme en tant que comédien et metteur en scène à l’École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre à Lyon. Il a joué sous la direction de M.-S. Ferdane, G. Chavassieux, D. Mambouch ou D. Jauzion-Graverolles, et mis en scène Alladine et Palomides, La Mort de Tintagiles de Maeterlinck ainsi que Loin de Nedjma d’après Kateb Yacine et Ismaël Aït Djafer. À 25 ans, il écrit sa première pièce, Suspendue. En 2009, il met pour la première fois en scène l’un de ses textes, L’Enfant silence. En résidence au Centre National des Écritures du Spectacle en 2010, il écrit Le Passage de la comète, qu’il met en scène en 2012. En 2012-2013, il est auteur associé au Centre Dramatique National de Vire, où il écrit et met en scène Cinq jours par semaine. En compagnonnage avec La Virgule depuis 2016, il y a présenté Mon Oncle est reporter, créée avec l’aide du Centre National du Théâtre, et Métropole.

Redjep Mitrovitsa

Comédien majeur de sa génération, il est invité par Antoine Vitez à participer à des aventures telles Hernani et Le Soulier de satin dans la Cour d’Honneur du Festival d’Avignon, avant de se voir confier le rôle d’Oreste dans son Électre. Pensionnaire à la Comédie-Française, il y tient les rôles-titres de Hamlet et Lorenzaccio, rôle pour lequel il reçoit le Molière de la Révélation Théâtrale. Il travaille avec de nombreux metteurs en scène, tels Brigitte Jacques, Claude Régy, Olivier Py, Philippe Adrien, Isabelle Nanty...

Ève Gollac

Formée au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, elle a joué des auteurs tels Sarah Kane, Duras, Fréchette, Pasolini… Elle co-écrit et joue dans les créations du Moukden Théâtre, et joue dans la plupart des créations de la Cie Azdak. Au cinéma, elle a tenu le rôle principal féminin dans Monsieur Morimoto de Nicolas Sornaga (Quinzaine des réalisateurs, Cannes).



Extraits

J’étais au service maintenance. Il y en a qui ne comprenaient pas qu’on nous demande de changer de poste. Je leur ai dit les gars, ça fait 25 ans qu’on fait ce boulot, regardons autour de nous, le monde bouge, c’est normal qu’on nous demande de changer de poste, il faut de la souplesse, regardez le monde, il est de plus en plus souple, il nous ébahit tous les jours de sa souplesse, nous aussi, il faut faire craquer nos articulations, tordre notre colonne !
Un Incident, Partie 1, extrait

Que fait ce type derrière sa table vide ? Le premier jour, il est venu pour me serrer la main. Il avait entendu mon prénom. Il a demandé si c’était bien mon prénom, s’il avait bien entendu, je lui ai dit que oui, il a dit son prénom et m’a tendu sa main. Séverine s’est levée et s’est mise entre nous. Elle lui a dit d’aller s’assoir, et d’arrêter tout de suite. Il est retourné à sa table. Il s’est assis derrière sa table. Séverine m’a dit que s’il recommençait il ne fallait surtout pas lui répondre. Je lui ai demandé pourquoi. Elle m’a répété de ne pas lui répondre. Je lui ai demandé une deuxième fois pourquoi. Elle a répété la même chose : « Ne lui réponds pas. »
Un Incident, Partie 2, extrait

Le patron des relations humaines, le champion, le caïd, est venu nous voir. Il a parlé un peu avec certains. Il s’est arrêté devant moi. J’étais assis derrière ma table vide. Il m’a regardé longuement. Il s’est gratté la tête. Il est sorti. Je sens que je suis en train de devenir quelqu’un de très important. Un rouage essentiel.
Un Incident, Partie 1, extrait

Mon entreprise a encore gagné des points cette semaine. Elle vient d’entrer dans les 5 meilleures du CAC 40. Et d’une certaine manière, c’est un peu grâce à moi. Il faut vous responsabiliser. Il faut agir. Toutes les entreprises, toutes les institutions, peuvent réussir aussi bien que la mienne. Mais il faut agir. Il faut être responsable. Tant qu’on n’aura pas fait disparaître l’imprécision, l’approximation, l’incompétence, la société ne pourra pas fonctionner. On peut la rendre meilleure. Je le sais.
Un Incident, Partie 1, extrait