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LE MISANTHROPE


de Molière
Mise en scène de Dominique Serron

Centre Marius Staquet, Mouscron [B]
Jeudi 16 et vendredi 17 novembre 2017 à 13h30



 

Production : L’INFINI Théâtre (Bruxelles)
Coproduction : Atelier Théâtre Jean Vilar (Louvain-la-Neuve)
de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la Loterie Nationale, de la SPFB et de l’Atelier 210
En accueil au Studio Thor
Avec : Patrick Brüll ou Laurent Capelluto, Alexia Depicker, Vincent Huertas, François Langlois, Laure Voglaire
Assistanat à la mise en scène : Florence Guillaume
Création vidéo : Abdel El Asri
Scénographie : Manon Meskens
Création costumes : Chandra Vellut
Création lumières : Xavier Lauwers
Durée du spectacle : Environ 1h45 sans entracte (création)


Dominique Serron et sa troupe de l’Infini Théâtre, déjà venus présenter à La Virgule Le Cid et Roméo & Juliet, proposent leur interprétation, à la fois originale et fidèle, du Misanthrope.
Comme ils savent parfaitement le faire, la mise en scène et le jeu respectent entièrement le texte tout en offrant une forme et une lecture fraîches et modernes. Sans rien modifier de la pièce, l’équipe belge recentre l’intrigue sur le personnage de Célimène, objet du désir d’Alceste, « l’atrabilaire amoureux » comme le définit le sous-titre donné par Molière à son œuvre. La liberté et la coquetterie de la jeune fille, son don pour l’art de la discussion, son salon fréquenté par de petits marquis poudrés qui la courtisent futilement, en feraient aujourd’hui une parfaite blogueuse ou youtubeuse.
C’est avec ce parti-pris tonique et actuel que Dominique Serron place dans un éclairage contemporain les intentions de Molière : une satire de la vanité d’un monde du paraître, de l’hypocrisie sociale, une remise en question de la valeur réelle des sentiments dans les rapports humains.
L’occasion de découvrir ou de redécouvrir un classique sous un jour nouveau.



Note d’intention par Dominique Serron

Pauvre Alceste, de quel monde sommes-nous complices ?

« Tu dénonces l’hypocrisie et le culte de l’apparence, ne voyant partout « qu’imposture, intérêt, trahison, fourberie ». Tu revendiques simplement un idéal de droiture réclamant loyauté, honnêteté et transparence des cœurs !
Cette rectitude pousse ta franchise jusqu’à la brutalité. Antipathique, mais comique, tu te fais des ennemis, multiplies les procès et t’enfermes à jamais dans le redoutable rôle d’un misanthrope. Mais cela ne suffit pas encore à ta détresse !
Tu as aussi la faiblesse d’être épris d’une jeune femme, particulièrement douée pour les manœuvres de séduction et de toute évidence « appareillée », elle, à la réussite sociale. Un modèle de mondanité qui rassemble autour d’elle un essaim de courtisans qui l’adulent. Reine du bel esprit, elle s’affirme brillante, libre et indépendante mais aliénée au profil de la coquette ! Elle a pourtant bien dit qu’elle t’aimait mais, tragique, tu veux plus, tu veux tout !
Une partition magnifique que ce Misanthrope, qui remue à l’endroit de la justice, de l’authenticité et de la société. Un texte où l’hypocrisie joute avec les valeurs morales et où l’indécence ne recule devant rien pour se rapprocher du pouvoir.
Transposons les « salons précieux » en « salons internet », la fièvre mondaine du paraître en celle de l’apparaître, le « bel esprit » en « chronique » piquante, et nous n’en comprendrons que mieux, aujourd’hui, l’inquiétude de Molière face à une société qui s’expose et trahit
. »