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FUMISTES !


et autres Zutistes, Jemenfoutistes, Incohérents, Hirsutes et Hydropathes de la Belle Époque

Une pièce écrite et mise en scène par
Jean-Marc Chotteau
à travers des textes d’auteurs fumistes
dont Charles Cros et Alphonse Allais

Du 14 février 2017 au 23 février 2017

Jeudi 10 novembre 2016 à Lomme [F]
Théâtre des Tisserands
Jeudi 26 janvier 2017 à Ettelbruck [LU]
Centre des Arts Pluriels d’Ettelbruck
Du 14 au 16 février 2017 à Neuchâtel [CH]
Théâtre du Passage
Dimanche 19 février 2017 à Wattrelos [F]
CSE
Jeudi 23 février 2017 à Comines [B]
Centre Culturel de Comines-Warneton


 

Production : La Virgule - Centre Transfrontalier de Création Théâtrale (Mouscron-Tourcoing)
Avec : Jean-Marc Chotteau, Christian Debaere, Éric Leblanc
Assistanat à la mise en scène : David Lacomblez
Interprétation musicale : Simon Fache
Création lumière et régie générale : Éric Blondeau
Construction : Alain Le Béon (Artom)
Décoration : Frédérique Bertrand
Assistant décoration : Bertrand Mahé
Durée du spectacle : 1h40 sans entracte


Phototèque


Nous sommes en juillet 1914, au Mouton Noir, un des Cafés-concerts des hauteurs de Montmartre. En coulisses, derrière le rideau rouge d’une minuscule scène, Ernest, Charles et Constant, en caleçons, chemises et supports-chaussettes, s’habillent dans les minutes qui précèdent leur spectacle. Il doit s’agir d’un hommage à un mouvement artistique qui fleurit à Paris depuis trente années et dont ils sont parmi les membres zélés : les Fumistes, inventeurs d’un genre nouveau, qui n’a pas les honneurs des théâtres traditionnels où ils se produisent : le monologue comique. Ils en connaissent par cœur un grand nombre et s’apprêtent à présenter sur scène ceux qu’ils affectionnent le plus, sans être trop d’accord sur leur ordre de passage… De l’autre côté du rideau, on entend Erik Satie chauffer la salle…

Vieux briscards des plateaux, ils ne manifestent aucun trac et devisent sur l’air du temps… L’assassinat du Duc de Sarajevo fait toujours la une des journaux (la revanche est-elle pour bientôt ?), et Le Figaro annonce leur spectacle, en en profitant pour sortir une critique acerbe de l’esprit fumiste « qui se répand à Paris comme la fièvre typhoïde et la diphtérie ». Elle ne les atteint pas. Ils évoquent à tour de rôle leurs souvenirs d’artistes, qui ressemblent d’ailleurs étrangement à des monologues…

Alors qu’on entend la salle, derrière le rideau, se remplir « tout doucement », les trois cabots, en habits noirs, chapeaux haut de forme et gants blancs sont prêts. Ils se sont entendus pour démarrer par Le Hareng Saur de Charles Cros, qui fait, depuis trente ans, les délices d’un public qu’ils rencontrent sur de minuscules scènes, comme le Chat Noir ou dans les salons mondains où les monologuistes, une fois sortis de leurs théâtres, sont très courtisés. Le spectacle va commencer…

« Il était un grand mur blanc -
nu, nu, nu,
Contre le mur une échelle -
haute, haute, haute,
Et, par terre, un hareng saur -
sec, sec, sec … »

On ignore souvent que ce poème, que beaucoup de générations d’élèves ont appris par cœur sans trop comprendre ce qu’il signifiait, fut comme un des tubes de nos hit-parades d’aujourd’hui. Peintres, écrivaillons, comédiens - parfois de renom -, le déclamaient, simplement, sans musique, faisant les délices des salons mondains où les bourgeois trouvaient ainsi le moyen de s’encanailler à peu de frais…
Pendant des années on demanda par exemple aux frères Coquelin, Ernest et Constant, célèbres acteurs de la Comédie Française, de rejoindre dès leur sortie de scène les cafés enfumés pour dire des monologues. Ernest avait à peine rangé dans sa loge le nez de Cyrano qu’il se précipitait vers d’autres public pour leur « faire le hareng » …

Après Cros, des dizaines d’auteurs aux gloires inégales, mais parmi lesquels on peut citer Alphonse Allais et plus tard Georges Feydeau, s’adonnèrent au monologue pendant les trente ans qui précédèrent la guerre 14, où il ne fut plus trop question de prendre la vie à la légère, et d’oser faire rire de son absurdité.

Sûr de pouvoir compter à ses côtés sur deux formidables acteurs, Éric Leblanc et Christian Debaere, c’est la nouveauté historique que représentait le monologue, qui donna à Chotteau l’idée de sa pièce, conforté par sa découverte des innombrables mouvements et cercles artistiques et littéraires qui fleurissaient autour des Fumistes, et qui donnèrent avec eux de sacrés coups de pied à l’esprit de sérieux de l’académisme bourgeois. Ils avaient pour nom, - ô combien parlant ! - les Incohérents, les Zutistes, les Jemenfoutistes, les Hirsutes et les Hydropathes, ces derniers n’étant pas les seuls à se rendre malades avec un verre d’eau !

Ce n’est donc pas à vrai dire la qualité propre de leurs textes qui le détermina à les exhumer de cette époque qu’on ne qualifia que bien après de « belle ». C’est bien le formidable choc que ces monologues, souvent hilarants, représentaient face à une culture qui se figeait alors dans l’étroitesse des écoles bien-pensantes d’un art qu’il devenait urgent de bousculer. Les Incohérents, en (saine) réaction vis-à-vis des très solennels salons de peinture de l’époque, n’organisèrent-ils pas des expositions où il convenait d’exposer exclusivement les œuvres d’artistes qui ne savaient pas peindre ? Et leur mot d’ordre n’était-il pas de « se foutre de la gueule du public sans le faire hurler, sauf de rire »… ?

Enfin, sa lecture durant ses recherches d’un article du Figaro, du 31 janvier 1914, acheva de le convaincre de l’intérêt de son projet. Le journal republiait à titre commémoratif et à l’occasion de l’inauguration du buste d’un certain Léon Gandillot, (auteur que la postérité nous laissa heureusement dans l’oubli), un article écrit par lui et paru vingt ans plus tôt. Il y fustigeait « l’esprit fumiste », la nullité de ses monologues, et se demandait si la provocation n’avait pas ses limites. Chotteau en avait décidé : ses Fumistes nous interrogeraient en filigrane sur la triste intemporalité des frilosités et des censures face aux artistes libres.

Nota bene : sa pièce fut écrite bien avant le 7 janvier 2015 et les assassinats de Charlie.


La presse en parle

Un humour pince-sans-rire qui fait mouche !
Marie Pons. Let’s Motiv

Ne pas se prendre au sérieux, le plus sérieusement du monde, est un réel plaisir !
Christian Vincent. La Voix du Nord

Jean-Marc Chotteau aime les mots et la malice. Un auteur joueur, un acteur complice, un partageur de bonne humeur. Guillaume Deprecq.
Croix du Nord

Le texte et la mise en scène de Jean-Marc Chotteau ravivent brillamment l’humour intelligent de l’époque que les comédiens reprennent avec talent. Entre hommage pertinent et rétrospective salutaire, Fumistes se trouve un chemin léger et rafraîchissant.
Guillaume Branquart. Sortir

Les « Fumistes » enfument joyeusement leur monde… L’art de mettre les points sur les « i » tout en maniant la contrepèterie avec une élégance joyeusement irrévérencieuse, une grivoiserie subtile teintée d’un rien de nostalgie. Bref ça pète sec et on rit de bon cœur de se laisser ainsi enfumer… Il y a du Charlie dans l’air sans qu’on ait besoin de le nommer...
Paul Kros. Liberté Hebdo

Alors que ces derniers jours les thèmes de la relation entre la liberté d’expression et l’humour sont plus actuels que jamais, la pièce ne manque pas d’être un clin d’œil à Charlie-Hebdo
Notélé


Jean-Marc Chotteau

D’abord comédien de la décentralisation théâtrale, il fonde sa compagnie en 1982 et s’installe en 1988 dans la métropole lilloise. Il crée le Salon de Théâtre à Tourcoing et y développe une triple activité d’auteur, metteur en scène, comédien, à travers des mises en scène d’auteurs contemporains (Pinget, Pinter, Louki, Bernhard), de nombreuses adaptations de textes non théâtraux (Bouvard et Pécuchet d’après Flaubert, Petites Misères de la Vie conjugale d’après Balzac, L’Ésthétocrate d’après Pol Bury, L’Éloge de la Folie d’après Érasme), ou des pièces originales telles La Revue, Le Jour où Descartes s’est enrhumé, L’Endroit du théâtre, Comma, Night Shop et Hypotyposes. Enfin, certains de ses spectacles sont écrits pour des lieux singuliers qui lui inspirent des scénographies originales : Prises de becs dans un gallodrome, La Vie à un fil dans une friche industrielle, Le Bain des pinsons dans une ancienne piscine, Jouer comme nous dans le cloître d’un ancien monastère, HLM dans un immeuble vidé de ses habitants avant sa démolition.

Christian Debaere

Comédien et metteur en scène, il s’est formé à l’épreuve de la scène et lors de stages animés par Giulio Foravanti, Michel Jestin et Mark Kotto. Il a participé depuis trente ans à de nombreux projets théâtraux explorant l’ensemble du répertoire, de Labiche à Topor, en passant par Tchekhov, Molière, Tardieu, Allen, Ribes. Metteur en scène, il a notamment créé au Salon de Théâtre Caussimon en trois mots et Le Gardien de phare de Baptiste Coppens. Il a dirigé Jean-Claude Derudder dans Il treno del Sole, Leroy se marre et prépare avec lui Van Gogh présenté à l’occasion de Mons 2015 capitale européenne de la culture.

Éric Leblanc

Comédien formé au Conservatoire de Lille et lors de stages au Conservatoire de Paris sous la direction de Pierre Debauche, il travaille au théâtre pour Gildas Bourdet, Christian Schiaretti, Jean-Louis Martin Barbaz, Yves Graffey. Sous la direction de Jean-Marc Chotteau, il joue, entre autres, dans Le Jour où Descartes s’est enrhumé, La Comédie du Paradoxe, Petites misères de la vie conjugale, Le Réformateur, Night Shop, Appartements Témoins et HLM. Il a par ailleurs mis en scène Tonio Kröger d’après Thomas Mann et L’Annonce à Guevara de Michel Franceus. Il est comédien permanent à La Virgule, dont il anime également l’École Transfrontalière du Spectateur.