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Déjeuner chez Wittgenstein


de Thomas Bernhard
mise en scène d’Agathe Alexis

Du 4 mai 2017 au 20 mai 2017

Salon de Théâtre, Tourcoing [F]

• mardi et jeudi à 19h30
• mercredi, vendredi et samedi à 20h30
• samedi 13 mai à 15h30 et à 20h30
• relâche les lundis et les dimanches

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Production : Compagnie Agathe Alexis (Paris)
En collaboration avec le Studio d’Asnières
Avec le soutien de l’ADAMI

Traduction : Michel Nebenzahl
L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté
Avec : Agathe Alexis, Yveline Hamon, Hervé Van der Meulen
Scénographie et costumes : Robin Chemin
Réalisations sonores : Jaime Azulay
Lumière : Stéphane Deschamps
Chorégraphies : Jean-Marc Hoolbecq
Collaboration artistique : Alain Alexis Barsacq
Durée du spectacle : 2h10 sans entracte
Chaque jeudi, rencontre avec l’équipe artistique à la fin de la représentation


Phototèque


Dans la suite de Avant la retraite, Agathe Alexis renoue avec le théâtre de Thomas Bernhard qu’elle transmet toujours avec éclat, profondeur et finesse.
Ce déjeuner dominical réunissant la fratrie Wittgenstein, grande famille autrichienne avec son lot de cadavres dans le placard, lui offre l’occasion d’une nouvelle joute verbale au vitriol, qui, pareillement au Huis clos de Sartre présenté récemment à La Virgule, révèle toute l’ambiguïté de l’âme humaine. Au cours de leurs retrouvailles, sous les portraits de famille qui les toisent, frères et sœurs laissent surgir des sentiments aussi contraires qu’intimement mêlés : derrière leur irrépressible besoin d’amour et une certaine innocence enfantine surgissent la médiocrité et la laideur des plus bas sentiments : concupiscence, jalousie, haine…
Agathe Alexis, Yveline Hamon et Hervé Van der Meulen investissent avec talent et précision la prose de Bernhard. Ils jouent avec délectation des tensions si humaines qui écartèlent cette famille. À travers les querelles des Wittgenstein, l’auteur germanophone interroge le malaise d’une Autriche - d’une Europe - face à son passé récent, irrésolu voire refoulé.



Une salle à manger, dans un quartier huppé de Vienne. Deux sœurs préparent le retour de leur frère. Elles sont comédiennes, mais ne jouent pas, ou presque plus, juste parfois un tout petit rôle quand cela les amuse. Le théâtre qui les met à l’affiche leur appartient. Lui est philosophe, et interné volontaire dans un hôpital psychiatrique. Ce n’est sûrement pas la première fois que ces retrouvailles se jouent, ni que tous les sujets de conversations tournent à l’affrontement. Mais aucun des protagonistes ne semble s’en lasser. Profiteroles, caleçons en coton, art contemporain, théâtre, chaque discussion, aussi banale soit-elle, déclenche inexorablement et avec une précision métronomique piques assassines et bris de vaisselle. Derrière cela, implicitement, l’amour-haine, le génie et la folie, la famille, autant de thèmes et d’obsessions chers à Thomas Bernhard.

« Thomas Bernhard a donné aux personnages du Déjeuner chez Wittgenstein les noms réels de ses acteurs, ces mêmes interprètes qui ont créé ses œuvres les plus scandaleuses Avant la retraite, La Société de chasse ou Place des héros. C’est un hommage à leur talent et à leur courage, mais aussi, une injonction à travailler ses textes avec obstination, sans relâche, à être soi-même. Le théâtre de Bernhard est une suite ininterrompue de refus du conformisme ou de la mesure. Dans l’humour, comme dans le pathétique, c’est un appel aux acteurs à se laisser posséder par cette volubilité cathartique jusqu’au final et à l’anéantissement du personnage locuteur.
Cette scène-catastrophe se situe au cours du « repas dominical », régal bourgeois par excellence. Des idées me traversent l’esprit en pensant au thème récurrent de la famille chez Thomas Bernhard : le souvenir de Johann Nestroy, le grand dramaturge comique autrichien, mais également celui de Stan Laurel et de Oliver Hardy dans cette pièce étonnante,
La Fin du commencement, qui met en scène la destruction involontaire d’une demeure bourgeoise.

Le théâtre de Thomas Bernhard – excepté ses pièces sur le nazisme – est d’emblée d’essence comique. Il y joue de toute une palette de situations. Il déploie avec truculence sa verve satirique à la Swift ou à la Kraus, ne se privant pas d’un de ses passe-temps favoris, "l’humour". Un humour noir, très noir. Un rire qui ne naît que de notre trop humaine et mortelle condition, de l’absurde et du fiasco. Le rire se métamorphose en "rire sans poumons", en "rire sans joie", en "rire aphone". Celui de Kafka, celui de Beckett, celui de Bernhard. La grandeur de Bernhard est d’apporter lui-même la contradiction à Bernhard. »

Agathe Alexis



Agathe Alexis

Formée au Conservatoire d’art dramatique de Toulouse, Agathe Alexis travaille comme actrice sous la direction, entre autres, d’Armand Gatti, Jacques Lassalle, Jacques Rosner, Christian Schiaretti, Bernard Sobel ou Jean-Pierre Vincent. Elle se lance ensuite dans la mise en scène et intègre alors assez vite, avec Alain Barsacq et Christian Schiaretti, le collectif de direction artistique de L’Atalante, théâtre alternatif de Montmartre. Six ans après, elle est nommée codirectrice avec Alain Barsacq de la Comédie de Béthune. En quittant ce CDN douze ans plus tard, elle fonde la Compagnie Agathe Alexis qu’elle dirige depuis. Ses mises en scène portent le plus souvent sur des auteurs contemporains tels, entre autres, Rodolf Sirera, George Tabori, Ignacio del Moral ou récemment Daniel Call. Elle choisit aussi quelques « classiques contemporains » parmi lesquels Le Belvédère d’Ödon Von Horvath, Le Pain dur de Paul Claudel, ou Huis clos de Jean-Paul Sartre, et quelques œuvres résolument classiques de Labiche, Villiers de l’Isle Adam, Zola ou Marivaux. Agathe Alexis enseigne aussi le théâtre à l’occasion de stages et de masterclass.



La presse en parle

D’une précision millimétrée, où le geste le plus infime, le va-et-vient des répliques vachardes et des philippiques proférées aboutit à une composition musicale et visuelle qui revient au grand art que Bernhard, paradoxalement - lui qui faisait profession de ne respecter rien - exige intensément.
Jean-Pierre Léonardini, L’Humanité

Tout est juste, aucune outrance mais une présence qui nous tient en haleine. Courez-y, voilà du vrai théâtre, servi par des acteurs hors pair qui ont le souci rare de respecter la forme et le fond sans aucune prétention.
Éléonore de Dampierre, Valeurs actuelles

Une direction d’acteur au cordeau.
Martine Piazzon, Froggy’s delight

Un travail intelligent, sensible, qui donne corps à la traduction rythmée de Michel Nebenzahl et qui porte haut le verbe de Thomas Bernhard.
Mireille Davidovici, Théâtre du Blog

On se délecte de ces excellents comédiens qui jouent tout en nuances, avec une précision diabolique, ces personnages insaisissables.
Mathieu Perez, Le Canard enchaîné