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Apocalypse Bébé


De Virginie Despentes
Adaptation et mise en scène de Selma Alaoui

Prix de la Critique - 2017 - 3 nominations
> Meilleur spectacle
> Meilleure actrice
> Meilleure scénographie

Du 19 avril 2018 au 20 avril 2018

Théâtre Municipal Raymond Devos, Tourcoing [F]

• jeudi à 19h30
• vendredi à 20h30

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Production : Collectif Mariedl (Bruxelles)
Coproduction : Théâtre de Liège, Théâtre Varia (Bruxelles), Théâtre de Namur, Le Manège (Mons)
Avec l’aide de la Fédération Wallonie Bruxelles - Service du théâtre
Avec : Marie Bos, Maude Fillon, Florence Minder, Achille Ridolfi, Eline Schumacher, Aymeric Trionfo, Mélanie Zucconi
Dramaturgie : Selma Alaoui, Amel Benaïssa, Bruno Tracq
Assistanat à la mise en scène : Amel Benaïssa, Jeanne Dailler
Scénographie et costumes : Marie Szersnovicz
Réalisation vidéo : Bruno Tracq
Son : David Defour, Guillaume Istace
Lumière : Simon Siegmann
Conseil vidéo : Arié Van Egmont
Conseil artistique : Émilie Maquest, Coline Struyf
Direction technique : Rémy Brans
Stagiaire assistante scénographie et costumes : Lucille Streicher
Stagiaire assistante mise en scène : Olga Lerani
Perruques : Cora Debain
Musique originale additionnelle : Loup Mormont
Images : Coline Levêque (chef-opérateur), Émilien Faroudja (chef-électro), Jil Wertz (maquillage)
Durée du spectacle : 1h55 sans entracte
Jeudi 19 avril, rencontre avec l’équipe artistique à la fin de la représentation


Vidéo

Phototèque


Selma Alaoui, jeune metteure en scène belge au parcours déjà remarqué, adapte et met en scène Apocalypse Bébé, l’un des sulfureux romans de Virginie Despentes, récompensé du Prix Renaudot en 2010.
L’auteure gonzo et radicalement féministe de Baise-moi !, Vernon Subutex et King Kong Theorie, qui pourrait emprunter à Artaud l’idée qu’une poésie obscène est la seule réponse à une réalité abjecte, plonge ici à nouveau à corps perdu dans les univers interlopes.
Fidèle à ce style punk, à la fois violent, tendre et dans l’autodérision permanente, Selma Alaoui crée une forme théâtrale résolument spectaculaire, faisant appel à tous les artifices du plateau mais puisant aussi largement dans les codes du cinéma de genre. Elle confie à sept comédiens la myriade de personnages fantasques du roman. Étranges, grotesques, parfois émouvants, ils illustrent souvent bien malgré eux tous les excès de notre société, et le miroir déformant qu’ils nous tendent se fait alors plus vrai que nature. Un sens de la provocation recherché et assumé, mais certainement pas gratuit.



Note d’intention par Selma Alaoui

« À première vue, il s’agit d’un polar : la détective Lucie Toledo est missionnée pour enquêter sur la disparition de Valentine, adolescente rebelle et paumée. Elle s’adjoint une coéquipière hors norme surnommée La Hyène, lesbienne affirmée au charisme fascinant, qui se révèle une enquêtrice aux méthodes parfois discutables mais souvent efficaces. On suit le parcours des deux femmes depuis Paris jusqu’à Barcelone sur les traces de la jeune disparue. Sur leur route, une foule de personnages captivants dressent la fresque d’une société à vif.
Adaptation scénique du roman de Virginie Despentes, Apocalypse Bébé se présente comme une œuvre inclassable, se jouant des codes et des genres pour offrir un regard aiguisé sur notre monde contemporain. Apocalypse Bébé a tous les traits d’une contre-utopie. Pourtant, le texte n’a rien de démoralisateur. Sa liberté de ton, son suspense, ses personnages hauts en couleurs en font un objet inédit, à la croisée des genres et des styles. Selma Alaoui joue de codes empruntés au film policier, au road-movie et au film d’action pour déployer une mise en scène hardie, qui rend tout l’aspect fantasque de l’œuvre.
« C’est une œuvre trépidante, féroce, drôle et en même temps troublante - une sorte de mise à nu de personnages qui émeuvent par leur médiocrité autant que par leur exceptionnelle singularité. Une œuvre chaude. Intense. Une langue tonique. Adaptée à la scène, elle produit un spectacle vibrant.
 »



Selma Alaoui

Après des études de lettres à l’Université de Lille, Selma Alaoui se forme à la mise en scène à l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle. Elle vit à Bruxelles et y travaille comme actrice au théâtre (sous la direction de Nicolas Luçon, Anne-Cécile Vandalem, Armel Roussel, Coline Struyf, Denis Laujol, Sofie Kokaj) et au cinéma (Vincent Lannoo, Bruno Tracq, Jean-Pierre et Luc Dardenne). Sa première mise en scène, Anticlimax de Werner Schwab, obtient en Belgique le Prix de la Meilleure Découverte 2007 et le Prix Émulation 2008. Son deuxième spectacle I would prefer not to reçoit le Prix de la meilleure mise en scène et de la meilleure comédienne en 2011. Elle a exploré l’écriture de Kathy Acker ainsi que celle de Virginia Woolf avec deux courtes formes performatives : Black Tarentula et Chiennes. En 2013, elle crée L’amour, la guerre, une écriture personnelle librement inspirée de Shakespeare. Sa création Notes pour le futur au Théâtre Les Tanneurs en 2015, rassemble des acteurs non-professionnels d’âges et d’expériences très divers, autour du thème de l’utopie. Elle a fondé le collectif théâtral Mariedl qu’elle codirige depuis 2007. Elle est également professeure à l’INSAS et donne régulièrement des séminaires d’interprétation dramatique aux étudiants acteurs du Conservatoire Royal de Mons et de l’Institut des Arts de Diffusion. Elle fait également partie du comité de rédaction de la revue Alternatives Théâtrales.



La presse en parle

Vibrante adaptation, brillante distribution ! (…) C’est un road movie, un polar, un thriller dans lequel on s’engage avec leur aventure. Si les références cinématographiques s’imposent en effet, Apocalypse Bébé s’en sert pour creuser plus profond. Défricher, dégommer, dénoncer. Dans le roman Virginie Despentes propose sans cesse de déplacer le regard, vis-à-vis des normes, des genres, des codes sociaux et générationnels, de l’identité sexuelle. Selma Alaoui lui emboîte le pas avec conviction et sans plus de militantisme que chez l’écrivaine et réalisatrice. Rythme soutenu et énergie rock sous-tendent cette adaptation où la metteuse en scène rend justice à cette œuvre trépidante, féroce, drôle et en même temps troublante - une sorte de mise à nu de personnages qui émeuvent par leur médiocrité autant que par leur exceptionnelle singularité. Foisonnante, intelligente, efficace, la scénographie fait un usage raisonné de la vidéo, du son, pour établir cet univers mouvant, ce jeu de piste cru et dru, cette poursuite débridée pleine de suspense et de surprises.
Marie Baudet, La Libre Belgique

Il se dégage un souffle nerveux, effervescent de cette pièce chorale. (...) Un thriller explosif, mi-inquiétant, mi-comique.
Le Soir

Si le roman de Virginie Despentes est un excellent texte, Selma Alaoui en a fait un spectacle de haut vol, soutenu par de brillants comédiens.
L’Écho